Les bagnes coloniaux
Tél : 01 42 34 93 00
...Du mardi au vendredi de 14h à 18h, le samedi de 10h à 17h Entrée libre
Éloigner les indésirables constitue un réflexe ancien, que la plupart des sociétés ont pratiqué. Mais l’essor des empires coloniaux y associa deux idées neuves : oeuvrer à la mise en valeur des nouveaux territoires et tenter de régénérer les criminels. Les bagnes coloniaux furent ainsi érigés en pénalité moderne et rationnelle.
La France n’a pas manqué à la règle : dès l’Ancien Régime, on déporte dans les possessions d’Amérique mendiants, prostituées et « gens sans aveu » ; la Révolution Française envoie en Guyane des opposants et des prêtres réfractaires. Mais c’est avec la reprise de l’expansion coloniale au XIXe siècle que le mouvement prend toute sa dimension : en 1830, on transporte en Algérie des milliers de condamnés militaires, aux sources de ce qui sera bientôt Biribi. À compter de 1848, on y déporte les insurgés et les opposants politiques. En 1852, on commence à vider les bagnes métropolitains à destination de la Guyane et de la Nouvelle Calédonie. La République accentue le mouvement, peuplant tout l’Empire, de la Tunisie au Tonkin, de Madagascar aux Saintes et à l’île du Diable, d’effroyables camps de relégation où des centaines de milliers de condamnés font l’expérience du travail contraint.
À compter des grandes campagnes de presse du premier XXe siècle, ces espaces de non-droit sont peu à peu démantelés. Mais seule la décolonisation aura raison de ses vestiges, rappelant ainsi le rapport intrinsèque liant le bagne et l’expérience coloniale.
Le parcours de l’exposition
- Le bagne avant le bagne : Premières expériences
- L’Algérie, terre de bagne : Condamnés militaires et déportés politiques
- Transportés, déportés, relégués... : L’expansion coloniale et son besoin de main d’oeuvre
- La “guillotine sèche” : La Guyane, terre de grande punition
- A Biribi : Camps disciplinaires et pénitenciaires de l’armée française en Afrique du nord
- La lente agonie des bagnes coloniaux : des voix s’élèvent pour contester leur horreur.
L’exposition s’attarde plus particulièrement sur : La représentation des bagnes dans la culture imprimée, notamment les romans populaires (Chéri-bibi) ; Albert Londres, ses prises de positions, ses ouvrages Au bagne (1923) et Dante n’avait rien vu : Biribi (1924) ; Les Communards.
Commissaires :
JÉRÔME PIERRAT, journaliste et historien du crime, est notamment l’auteur d’Une histoire du milieu, grand banditisme et haute pègre en France de 1850 à nos jours (Denoël, 2003), de Gangs de Paris : petite chronique du milieu des années 1970 à nos jours (Parigramme, 2007) et de Mafia, gangs et cartel : la criminalité internationale en France (Denoël, 2008).
DOMINIQUE KALIFA, professeur d’histoire contemporaine à l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, est l’auteur de nombreux ouvrages consacrés au crime, notamment L’Encre et le sang : récits de crimes et société à la Belle Époque (Fayard, 2005), Crime et culture au XIXe siècle (Perrin, 2005) et Biribi. Les bagnes coloniaux de l’armée française (Perrin, 2009). Il a déjà organisé, avec Catherine Chauchard, plusieurs expositions à la Bilipo : “Les crimes de Paris au XIXe siècle”, “Célérité et discrétion : les détectives privés de Vidocq à Burma” et “Gangsters de Paris” en 2007, en collaboration avec Jérôme Pierrat.
Scénographie : Anne Gratadour avec le concours du Génie Civil de la Ville de Paris
Graphisme des panneaux d’exposition : Marine Lebreton
Exposition produite par Paris bibliothèques / www.paris-bibliotheques.org