Texas 1836 : Musical Echoes from the Alamo GERARD DOLE

Publié le par vampiresilediable-bagne

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Une fois n'est pas coutume, je vais vous parler d'un ouvrage - bien éloigné de l'univers pénitentiaire développé sur ce site - à la rédaction duquel j'ai collaboré (modeste contribution) avec le plus grand bonheur.

 

Que ce soit à la télévision, au cinéma, dans les fanzines, les BD ou la littérature enfantine, qui n'a pas vibré au rythme des aventures de Davy Crockett, ce héros légendaire de l'histoire des Etats-Unis. Souvenir d'enfance profondément ancré  dans la mémoire de Gérard Dôle, historien de la musique, il a resurgi à l'occasion de ce livre - une étude approfondie rédigée en anglais et abondamment illustrée - consacré à la musique et à la danse au Texas, au moment de la guerre d'indépendance.

 

Cet ouvrage de trois cent trente-cinq pages — avec plus de trois cent cinquante notes et une importante bibliographie — est consacré à la musique et la danse au Texas, du temps de sa guerre d’indépendance dont on retient surtout aujourd’hui l’épisode du fort Alamo. Pour l’écrire, Gérard Dôle s’est appuyé sur tous les documents anciens et modernes qu’il a pu réunir. Après les avoir patiemment lus et analysés, il s’est efforcé de démêler le mythe de la réalité, et Dieu sait si les légendes abondent dans le domaine.

On croit souvent, par exemple, que la garnison de l’Alamo était constituée par une bande de trappeurs et de bourlingueurs, alors que ses membres étaient en réalité de statut social et d’horizons géographiques très divers. Ainsi la petite bande de coureurs de bois menée par Davy Crockett, “l’homme qui n’a jamais peur”, se mêlait-elle à des fermiers, des artisans, des clercs de notaire, des avocats, des médecins, etc. On note la présence d’un forgeron, d’un chapelier, d’un cordonnier, d’un peintre en bâtiment, d’un jockey et même d’un prêcheur. À part une poignée de Tejanos qui avaient choisi de lutter à leurs côtés, ces Anglo-Celtes (c’est ainsi que les historiens de l’Alamo ont décidé de les nommer) avaient auparavant séjourné plus ou moins longtemps, et souvent avec leur famille, dans différentes régions des États-Unis. Gérard Dôle ne manque donc pas de se pencher sur le bal et la danse en Amérique du Nord au dix-huitième siècle et au début du dix-neuvième, en n’oubliant pas la Louisiane avec ses Cajuns et ses Créoles. Puis il passe en revue les chansons, les instruments de musique et les airs à danser des Texiens de l’époque en se référant, quand besoin est, à ceux de leurs pays d’origine : l’Angleterre, l’Écosse, l’Irlande, l’Allemagne et même le Danemark. Il cite ensuite des airs chantés et des musiques dansées, tant par les 189 volontaires retranchés dans l’Alamo (quelques-uns avec leur famille et serviteur noir) que par l’importante soldatesque mexicaine (avec femmes, enfants et cucarachas) qui l’encerclent. Il parle même au passage des musiques martiales (fifres et tambours) des deux camps.

Gérard Dôle évoque enfin David Crockett avec son violon et John McGregor avec sa cornemuse. Leurs duos étaient vraiment “stupéfiants”, à en croire la petite-fille d’une des rares survivantes du massacre. On peut imaginer que nos deux musiciens de fortune s’efforçaient ainsi de distraire leurs compagnons voués comme eux à une mort certaine, et d’oublier un instant le son menaçant des sonneries de trompettes du cruel général Santa Anna.

Ce livre, qu’Anita Conrade a su traduire et mettre en forme avec excellence, bénéficie d’une iconographie rare et extrêmement soignée grâce au précieux concours de Tania Latchman. Jean-Michel Corgeron, de son côté, a fait des prouesses musicales et techniques en ce qui concerne la transcription et l’homogénéisation des nombreux airs à danser que l’on y trouve.

 

En ce qui me concerne (et puis zut...au diable la modestie !), je me suis investie à fond dans les recherches généalogiques concernant un officier de Napoléon et j’ai fait des découvertes de taille. J’ai ainsi pu prouver avec certitude que ce lieutenant d’infanterie, né à La Férée (Ardennes) en 1785 et mort à Braine (Aisne) en 1851, n’avait jamais posé le pied en Amérique, encore moins au Texas. Au cours de ces dernières décennies, des écrivains peu regardants se sont pourtant acharnés à le confondre avec le mysterieux Moses Rose, prétendu soldat de la Grande Armée et “déserteur de l’Alamo”. Une affabulation dont George Bush n’a pas manqué de se servir, lors de la guerre contre l’Irak, pour stigmatiser la couardise des Français qui avaient refusé de prendre part au conflit.

“Musical Echoes From The Alamo” n’a été tiré qu’à 175 exemplaires numérotés, commémorant le 175e anniversaire de la célèbre bataille. Commandez vite cet ouvrage qui fera référence en la matière. On peut uniquement le trouver chez l’auteur (1), chez l’éditeur (2) ou encore sur le site  http://www.alamo-san-antonio.com/

 

 

http://www.alamo-san-antonio.com/

 (1) : http://gerarddole.free.fr
(2) : www.terredebrume.com

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